Caractéristiques et historique des inondations

L’agglomération toulousaine est exposée à plusieurs types d’inondations, aux caractéristiques différentes. Il s’agit principalement d’inondations par :

  • Débordement de la Garonne et de l’Ariège ;
  • Débordement des affluents : Hers-mort, Touch, Aussonnelle, Louge, Lèze … ;
  • Ruissellement.

Des inondations peuvent également être causées par des remontées de nappe (phénomène d’ampleur limitée) ou par la rupture de barrages (probabilité très faible). Ces deux typologies sont abordées brièvement à la fin de cette page.

Certains termes techniques sont employés dans cette page. Retrouvez toutes les définitions dans la page Glossaire.

La Garonne et l’Ariège : rivières pyrénéennes aux crues puissantes

La Garonne en crue à Toulouse en janvier 2022. En fond, les bâtiments-digues de La Grave protègent le quartier Saint-Cyprien.
Photo de la Garonne en crue à Toulouse en janvier 2022. En fond, les bâtiments-digues de La Grave protègent le quartier Saint-Cyprien.

Mode de formation

Les crues de ces deux rivières se forment à la suite de précipitations importantes et longues (de l’ordre de 48 heures, soit 2 jours) sur le massif pyrénéen et ses contreforts et/ou à la suite d’une fonte rapide de la neige pyrénéenne.

Ainsi, il peut y avoir une forte crue de la Garonne et de l’Ariège sans qu’il y ait eu de fortes précipitations dans l’agglomération toulousaine !

Saisonnalité

Les crues de ces cours d’eau se forment quasi-systématiquement durant l’hiver ou le printemps. La fin du printemps est particulièrement à risque car il s’agit de la période la plus pluvieuse, ainsi que celle de fonte des neiges.

Dynamique

La Garonne et l’Ariège connaissent des crues violentes, pour deux raisons principales :

  • La forme du bassin versant en “éventail” favorise une convergence rapide et simultanée des crues des différents cours d’eau issus des Pyrénées et de leurs contreforts ;
  • La proximité entre les Pyrénées et l’agglomération toulousaine favorise une arrivée rapide de la crue.

Par conséquent :

  • Le rythme de montée du niveau d’eau de la Garonne peut atteindre 50 cm/h à Toulouse ;
  • La durée habituelle entre le début et le maximum des crues (ou « temps de montée ») de la Garonne est de l’ordre de 18 à 48 heures à Toulouse, soit entre un peu moins d’un jour et deux jours ;
  • La durée de la décrue est de l’ordre de 1 à 3 jours. Certains secteurs en bord de Garonne peuvent toutefois rester submergés plus longtemps, parfois plus d’une semaine, s’ils sont situés dans un point bas, en raison de la remontée de la nappe phréatique durant la crue.
  • L’ampleur des crues n’étant connue que quelques heures à l’avance, les autorités n’ont que peu de temps pour organiser les opérations de sauvegarde au regard du nombre d’enjeux impactés.

En comparaison, la crue de la Seine à Paris en juin 2016, jugée rapide par rapport aux crues habituelles de ce fleuve, a eu un temps de montée d’une semaine, avec un rythme de montée de 50 cm en 8h durant la phase la plus rapide de la crue !

Carte de la partie du bassin versant de la Garonne alimentant l’agglomération toulousaine

Ampleur des débordements

De façon générale, la Garonne et l’Ariège sont assez encaissées au droit de l’agglomération toulousaine. Autrement dit, leurs berges sont souvent nettement plus élevées que la surface de l’eau. Par conséquent, les débordements sont limités pour des crues modérées à fortes, comme celle de janvier 2022 (période de retour 25 ans) : environ 8 % du territoire des communes traversées est inondable pour cette gamme de crue.

Cette configuration peut donner la sensation que les inondations sont un risque mineur pour le territoire. Ce sentiment est renforcé à Toulouse, où une grande partie de la traversée de la ville est protégée par des digues.

  • Pourtant, lors des crues, même mineures, de nombreux agents municipaux et métropolitains sont mobilisés pour garantir le bon fonctionnement des ouvrages de protection, sans quoi certains quartiers (Saint-Cyprien notamment) se retrouveraient inondés ;
  • De plus, la crue de janvier 2022 a montré que des personnes pouvaient se retrouver en situation de danger et que des bâtiments et activités situés en bord de cours d’eau pouvaient être endommagés, comme l’illustrent les photos suivantes.
Automobiliste secouru par un gendarme à Saint-Jory et le stadium de Toulouse partiellement inondé lors de la crue de la Garonne en janvier 2022.
Crues de janvier 2022 : une piqûre de rappel…

En revanche, en cas de crue exceptionnelle, les débordements sont beaucoup plus conséquents. Ainsi, pour une crue similaire à celle de juin 1875 (période de retour comprise entre 200 et 500 ans), environ 17 % du territoire des communes traversées est inondable. Les communes situées à l’aval de Toulouse sont les plus exposées, avec une zone inondable s’étendant sur plus de 2 km.

De plus, environ 11 % de ce territoire se retrouverait exposé à un aléa « fort », c’est-à-dire une hauteur d’eau supérieure à 1 mètre et/ou à des vitesses d’écoulement élevées.

Pour une telle crue, les digues de Toulouse peuvent encore éviter l’inondation mais arrivent à la limite de la protection qu’elles peuvent offrir. De nombreuses évacuations préventives seraient donc nécessaires.

C’est en particulier le cas sur le secteur de l’Hôtel-Dieu et de la Grave : la configuration très particulière de ce secteur (bâtiments historiques très anciens faisant aussi office de digue) ne permet pas à ce jour de garantir une résistance au-delà d’une crue centennale. Des études sont en cours sur ce secteur, et plusieurs exercices d’évacuation impliquant du public ont été réalisés par la Ville en 2024 et 2025.

Notez enfin que le seul secteur faiblement impacté par une crue de cet acabit est le tronçon de Garonne très encaissé en amont de Pinsaguel (confluence Garonne-Ariège).

Pour visualiser les zones inondables, consultez la carte interactive.

Avant 1875, de nombreuses crues marquantes

Au cours des siècles passés, les communes riveraines, en particulier Toulouse, ont été confrontées à des crues dévastatrices de la Garonne, occasionnant à plusieurs reprises des décès par dizaines, des destructions d’habitations par centaines et des destructions de ponts et de bâtiments majeurs.

Jules Chalande, historien et naturaliste toulousain, a recensé plus de 50 débordements meurtriers entre 1220 et la fin du XIXème siècle. Il est à noter que des décès ont pu être entraînés par des crues mineures, au regard de l’absence de mesures de prévention à cette époque.

Une vingtaine de « grandes crues », ayant engendré des dommages divers, ont été recensées dans les archives entre le XIIIème siècle et la moitié du XIXème. Elles sont illustrées et brièvement décrites sur la frise suivante, tirée de l’exposition des 150 ans de la crue historique de 1875, organisée en 2025 par la Ville de Toulouse.

Frise des principales crues de la Garonne connues à Toulouse entre 1281 et 1875, tirée de l’exposition des 150 ans de la crue historique de 1875, organisée en 2025 par la Ville de Toulouse

L’ampleur des dommages relevés pour plusieurs de ces épisodes s’explique par la violence des crues, mais aussi par l’absence de mesures de prévention, notamment :

  • Absence de moyens de prévision ;
  • Présence de nombreux bâtiments fragiles et activités économiques en zone inondable, sans ouvrage de protection (digue, renforcement de berge…) ;
  • Présence de nombreux “obstacles” dans le lit de la Garonne (moulins, bateaux-lavoirs, péniches aménagées…), qui aggravaient la situation, en obstruant une partie du chenal d’écoulement de la rivière (conduisant à la hausse du niveau d’eau) et en venant percuter ponts et bâtiments lorsqu’ils se faisaient emporter.

La crue historique du 23 juin 1875 : « l’Aigat de la Sant Joan »*

* « Aigat de la Sant Joan » signifie « déluge de la Saint-Jean » en occitan.

À la suite d’un printemps très pluvieux, et alors que les sols étaient gorgés d’eau, de fortes pluies se sont abattues sur les Pyrénées et leur piémont entre le 21 et le 23 juin. Cette combinaison de phénomènes a conduit à la formation de la plus forte crue connue de la Garonne, de mémoire de toulousain.

À Toulouse, épicentre de cette catastrophe, les premiers débordements se manifestent dans la nuit du 23 juin, sur la Prairie des Filtres, l’île du Ramier et le quartier de Port-Garaud. Dans la matinée, les premières zones habitées sont impactées : faubourg Saint-Michel, île de Tounis puis, vers midi, le faubourg Saint-Cyprien, qui sera le plus durement touché (jusqu’à plus de 3 mètres d’eau). Les débordements s’accentuent l’après-midi, tandis que plusieurs ponts sont emportés par la force des flots. Le pic de crue est atteint vers minuit, rendant d’autant plus difficiles les opérations de secours. La hauteur atteinte à l’échelle de mesure du Pont-Neuf, 8 mètres 32, dépasse de plus de 1 mètre 50 les plus fortes crues enregistrées depuis le début des mesures, au début du XVIIIème siècle. La décrue prendra ensuite plusieurs jours, révélant progressivement l’ampleur des dégâts.

Le bilan humain et matériel est aussi le plus lourd enregistré : 209 victimes, plus de 1 100 habitations détruites et 25 000 sans-abris recensés sur la seule ville de Toulouse. Sur les 4 ponts qui enjambaient la Garonne à Toulouse à cette époque, seul le Pont-Neuf a résisté, tandis que les ponts d’Empalot, de Saint-Michel et de Saint-Pierre ont été emportés en tout ou partie. Le plan « Sirven » ci-après illustre la zone inondée et les bâtiments détruits.

Au-delà de Toulouse, c’est tout l’arrière-pays toulousain qui a été impacté par cette crue exceptionnelle. Un bilan fait état de 330 décès à l’échelle de la Haute-Garonne, 116 dans le Tarn-et-Garonne et 30 dans le Lot-et-Garonne. Plus de 2600 maisons auraient été détruites à l’échelle de la Haute-Garonne.

De nombreuses plaques, marques gravées et témoignages attestent de l’ampleur de cette crue sur le territoire. Ces « repères de crue » sont visualisables sur la carte interactive.

Depuis 1875, aucune crue exceptionnelle

La crue de juin 1875 est la dernière crue exceptionnelle observée sur la Garonne dans l’agglomération toulousaine. Depuis lors, la plus forte crue connue est celle de février 1952, qui avait atteint 4 mètres 57 au Pont-Neuf (période de retour de l’ordre de 50 ans), et que l’on peut qualifier de crue majeure. Depuis 1952, trois crues notables ont dépassé 4 mètres à l’échelle du Pont-Neuf, en mai 1977, juin 2000 et janvier 2022 (périodes de retour comprises entre 20 et 30 ans).

Graphique de la hauteur d'eau atteinte par la Garonne, à l'échelle du Pont-Neuf de Toulouse, pour les crues supérieures à 4m depuis 1875.
Hauteur d’eau atteinte par la Garonne, à l’échelle du Pont-Neuf de Toulouse, pour les crues supérieures à 4m depuis 1875.

*Notes relatives au graphique :

  • Depuis 1875, les conditions d’écoulement de la Garonne ont changé. En effet, le lit de la Garonne s’est enfoncé et l’aménagement des bords de Garonne a été modifié. Par conséquent, une crue d’intensité similaire à celle de juin 1875 atteindrait aujourd’hui 7,60 m à l’échelle du Pont-Neuf. La crue centennale atteindrait quant à elle une hauteur de 5,60 m environ ;
  • Pour cette raison, il est fait l’hypothèse que la crue de février 1952 était en réalité plus forte que celle observée en 1879 ;
  • Seules les principales crues sont représentées ici. La chronique complète des hauteurs mesurées ou reconstituées à l’échelle du Pont-Neuf depuis 1857 est disponible sur le site de l’HydroPortail.

L’ampleur moindre des crues observées depuis 1875 peut s’expliquer par :

  • Des modifications durables : enfoncement du lit (plus d’1 mètre par endroits), réduction du nombre d’obstacles dans le lit (moulins…), reboisement des Pyrénées, qui peut contribuer à amortir les crues… ;
  • Des situations météorologiques moins favorables à l’apparition de crues majeures sur cette période.

L’absence de crue majeure et de désordres importants a donc conduit à une perte de la mémoire du risque. Pourtant, de nouvelles crues majeures se produiront à nouveau à l’avenir. De nombreuses mesures de prévention ont été prises pour réduire le risque, mais elles ne peuvent le supprimer totalement.

Nota : contrairement à une idée-reçue courante, les barrages situés en amont de Toulouse sont largement insuffisants pour contenir les crues (ils n’ont pas été prévus pour cela) ou au contraire les aggraver à partir de simples lâchers.

En raison de l’absence de crue majeure récente et de la forte croissance économique et démographique sur le territoire, de très nombreux enjeux ont été implantés en zone inondable.

À ce jour, une crue de la Garonne (et de l’Ariège) similaire à celle de 1875 impacterait, entre Muret (et Clermont-le-Fort sur l’Ariège) et Saint-Jory, environ :

  • 43 000 logements, pour 70 000 habitants ;
  • 11 000 entreprises, pour 43 000 emplois ;
  • 130 établissements sensibles (hôpitaux, EHPAD, écoles, casernes…)

Le coût des dommages aux bâtiments et aux activités agricoles d’une telle crue pourrait atteindre 1 Milliard d’euros.

La ville de Toulouse concentre plus de 2/3 des enjeux recensés en zone inondable en cas de crue exceptionnelle. En particulier : environ 51 000 habitants (10% de la population communale) et 100 établissements sensibles.

La quasi-totalité de ces enjeux sont situés à l’arrière des imposantes digues de Garonne, ce qui doit permettre de limiter fortement les dégâts. En effet, ces digues, majoritairement construites au cours de la seconde moitié du XXème siècle (à la suite de la crue de février 1952), ont pour objectif d’éviter l’inondation des zones protégées jusqu’à une crue équivalente à celle de juin 1875. Néanmoins, bien que ces digues soient régulièrement surveillées et consolidées, la défense n’est pas infaillible en cas de crue exceptionnelle.

Nota : à date de septembre 2026, le niveau de protection des digues de Toulouse est inférieur à la crue de référence (juin 1875) sur deux secteurs, avec néanmoins un niveau de protection restant élevé :

  • Sur le secteur d’Empalot, le point le plus bas du système d’endiguement est situé au niveau de la bretelle d’accès à la rocade. En cas de crue exceptionnelle, un dispositif de fermeture mobile est prévu sur ce secteur, mais ne présente pas de garanties suffisantes. Ainsi, en cas de défaillance, des débordements peuvent apparaître en cas de crue très rare (période de retour de l’ordre de 200 ans). Des travaux sont programmés en 2027 pour rehausser la voirie, et ainsi s’affranchir de ce dispositif ;
  • Sur le secteur de Saint-Cyprien, la configuration très particulière (bâtiments historiques très anciens faisant aussi office de digue) ne permet pas à ce jour de garantir une résistance au-delà d’une crue centennale. Des études sont en cours sur ce secteur, et plusieurs exercices d’évacuation impliquant du public ont été réalisés par la Ville en 2024 et 2025.

Deux autres secteurs concentrent la majorité des enjeux restants :

  • La zone de confluence Garonne-Ariège ;
  • Le large champ d’expansion de crue de la Garonne à l’aval de Toulouse, entre Blagnac et Saint-Jory.

Sur ces secteurs, le seul ouvrage de protection contre les crues est situé à Blagnac, pour protéger un quartier qui serait inondé pour des crues modérées en absence de protection : environ 500 logements, plus de 1 000 habitants, plusieurs établissements sensibles dont une école et un EHPAD.

L’absence d’autre ouvrage de protection sur ces secteurs s’explique en partie par le faible nombre d’enjeux exposés pour des crues modérées à fortes sur l’ensemble du tronçon (ville de Toulouse comprise), pour lesquelles on dénombre :

  • 170 logements ;
  • Une centaine d’entreprises ;
  • 3 établissements sensibles.

Une carte de localisation des principaux secteurs à enjeux est disponible sur la page Chiffres-clés.

Les ouvrages de protection ne sont qu’une solution de dernier recours, lorsque les enjeux existants en zone inondable sont nombreux et sensibles, et que les nouveaux risques induits par les ouvrages (rupture, sur-inondation de zones non protégées…) sont jugés acceptables.

Dans les secteurs non protégés, mais aussi au droit des zones protégées, des mesures complémentaires sont à mobiliser de façon impérative :

  • Adapter l’aménagement du territoire : limiter l’exposition et la vulnérabilité de nouveaux enjeux en zone inondable, réduire la vulnérabilité des enjeux existants (surélever, étanchéifier…), maîtriser l’impact des aménagements sur les territoires situés à l’aval… Des règles et prescriptions sont imposées à travers les Plans de Prévention des Risques inondation (PPRi).
  • Se préparer aux prochains épisodes d’inondation : améliorer la prévision, établir et tester régulièrement l’organisation de gestion de crise (à l’échelle du département, d’une commune, d’une entreprise, d’une école, d’une maison…), planifier les actions à mettre en oeuvre après une inondation…

Pour en savoir plus :

Les affluents de l’arrière-pays toulousain : des rivières plus modestes, mais des secteurs vulnérables

Photos de crues récentes d'affluents de la Garonne : la Sausse à Beaupuy en 1992, le Touch à Tournefeuille en 2003 et le Courbet à Pibrac en 2022. Toutes les crues récentes ont été modérées, mais plusieurs secteurs urbanisés récemment ont été impactés.
Sur les affluents, des crues récentes modérées, mais une urbanisation nouvelle en zone inondable.

Nota : Pour plus de détails sur les caractéristiques propres à chacun des principaux affluents, veuillez consulter le rapport de diagnostic du territoire, disponible sur la page du dossier de présentation du PAPI complet, accessible en cliquant ici.

Mode de formation

Les crues de ces rivières se forment à la suite de précipitations importantes et relativement longues (de l’ordre de 12 à 48 heure, soit d’une demi-journée à 2 jours) sur la majeure partie de leur bassin versant. Ces rivières prenant leur source à faible altitude (entre 300 et 500 m) dans les collines de l’arrière-pays toulousain, leurs crues ne sont pas influencées par la fonte des neiges.

Saisonnalité

Les crues de ces cours d’eau se forment principalement en hiver et au printemps, mais elles peuvent également apparaître en automne, voire en été (par exemple, crue centennale de la Louge et de plusieurs cours d’eau gersois en juillet 1977).

Dynamique

Les pentes des cours d’eau et de leurs versants sont moins importantes que celles de la Garonne et de l’Ariège, impliquant des crues moins puissantes. Elles sont néanmoins plus rapides, en raison de la petite taille des bassins versants concernés :

  • La durée habituelle entre le début et le maximum des crues (ou « temps de montée ») est compris entre une dizaine et une trentaine d’heures, soit entre une demi-journée et un jour et demi ;
  • La durée de la décrue est du même ordre de grandeur.

Ampleur des débordements

L’extension des zones inondables est très variable selon les tronçons de cours d’eau considérés. Les spécificités du territoire sont :

  • Une zone inondable très large le long du Touch en amont de Plaisance : jusqu’à plus de 2 km en cas de crue exceptionnelle, et plus de 1 km pour des crues modérées ;
  • Une zone inondable très réduite sur la partie aval des affluents de la Garonne en rive gauche, en raison de l’enfoncement de leur lit dans la basse terrasse de la Garonne ;
  • Une zone inondable large le long de l’Hers-mort entre Baziège et Labège : jusqu’à plus de 1 km, pour des crues exceptionnelles mais aussi pour des crues modérées ;
  • Une zone inondable quasi inexistante le long de l’Hers-mort entre Labège et Balma, en raison d’un recalibrage très conséquent du lit mineur.

En cas de crue modérée à forte (période de retour de l’ordre de 30 ans), environ 8 % du territoire des communes traversées est inondable.

En cas de crue exceptionnelle, environ 11 % du territoire des communes traversées est inondable. Les hauteurs d’eau et les vitesses d’écoulement sont moindres que pour les crues de la Garonne. Ainsi, seulement 3 à 4 % du territoire traversé par les affluents sont exposés à un aléa fort (hauteur d’eau supérieure à 1 m et/ou vitesses d’écoulement élevées).

Pour visualiser les zones inondables, consultez la carte interactive.

Section en préparation

Tout comme le cas de la Garonne, en raison de l’absence de crue majeure récente et de la forte croissance économique et démographique sur le territoire, de très nombreux enjeux ont été implantés en zone inondable.

À ce jour, des crues exceptionnelles des affluents de de la Garonne (et de l’Ariège) impacteraient, à l’échelle de l’agglomération toulousaine, environ :

  • 9 000 logements, pour 20 000 habitants ;
  • 3 000 entreprises, pour 13 000 emplois ;
  • 70 établissements sensibles (hôpitaux, EHPAD, écoles, casernes, …)

Le coût cumulé des dommages aux bâtiments et aux activités agricoles de telles crues pourrait dépasser 600 millions d’euros.

Deux cours d’eau concentrent la majorité des enjeux :

  • Le Touch, en particulier à Plaisance et Tournefeuille : 3 300 habitants et plusieurs établissements sensibles ;
  • L’Hers-mort, en particulier :
    • à Baziège : 1 100 habitants, établissements sensibles ;
    • à Labège : zone d’activités Innopôle, 7 500 emplois exposés ;
    • et entre Launaguet et Bruguières : 2 700 habitants, 1 200 emplois, plusieurs établissements sensibles.

De plus, les affluents (et notamment le Touch et l’Hers-mort) concentrent la grande majorité des enjeux situés en zone inondable pour les crues plus fréquentes : plus de 5 000 habitants et une trentaine d’établissements sensibles pour des crues de période de retour de l’ordre de 30 ans.

Une carte de localisation des principaux secteurs à enjeux est disponible sur la page Chiffres-clés.

La plupart des affluents ont été soumis à d’importantes modifications (recalibrages, rescindement des méandres, création de linéaires importants de merlons…) de longue date (parfois dès le XVIème siècle) et jusque dans les années 1970-1980, à des fins d’exploitation agricole et d’urbanisation de leurs lits majeurs. Une description détaillée de chacun des affluents est fournie dans le diagnostic du territoire, accessible sur la page Dossier de présentation du PAPI complet.

Ces aménagements, à fort impact sur le fonctionnement écologique des cours d’eau, permettent d’éviter les débordements pour les crues les plus fréquentes, mais sont généralement insuffisants en cas de crue majeure. Des études sont menées dans le cadre du Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) pour identifier les ouvrages et merlons existants qui permettraient de protéger certains quartiers pour des crues majeures, puis définir les travaux de consolidation qui seraient nécessaires. Si ces ouvrages sont pertinents, ils seront régularisés d’un point de vue administratif, et feront l’objet d’un suivi et d’un entretien régulier et encadré.

Les ouvrages de protection ne sont qu’une solution de dernier recours, lorsque les enjeux existants en zone inondable sont nombreux et sensibles, et que les nouveaux risques induits par les ouvrages (rupture, sur-inondation de zones non protégées…) sont jugés acceptables.

Dans les secteurs non protégés, mais aussi au droit des zones protégées, des mesures complémentaires sont à mobiliser de façon impérative :

  • Adapter l’aménagement du territoire : limiter l’exposition et la vulnérabilité de nouveaux enjeux en zone inondable, réduire la vulnérabilité des enjeux existants (surélever, étanchéifier…), maîtriser l’impact des aménagements sur les territoires situés à l’aval… Des règles et prescriptions sont imposées à travers les Plans de Prévention des Risques inondation (PPRi).
  • Se préparer aux prochains épisodes d’inondation : améliorer la prévision, établir et tester régulièrement l’organisation de gestion de crise (à l’échelle du département, d’une commune, d’une entreprise, d’une école, d’une maison…), planifier les actions à mettre en oeuvre après une inondation…

Pour en savoir plus :

Les inondations par ruissellement : un risque croissant encore mal appréhendé

Mode de formation

Les inondations par ruissellement se forment à la suite de précipitations très importantes, généralement sur des durées courtes (moins d’une heure suffit), lorsque l’eau de pluie ne peut plus être absorbée par le sol et les réseaux de gestion des eaux pluviales.

L’imperméabilisation des sols en milieu urbain (béton, bitume, …) favorise fortement ce type d’inondation. Néanmoins, les inondations par ruissellement peuvent aussi être observées en milieu rural, notamment lorsque les sols sont à nu. En effet, les sols nus sont susceptibles de former une croûte quasi-imperméable, appelée croûte de « battance ».

Saisonnalité

Ce type de phénomène peut apparaître toute l’année. Les épisodes les plus dangereux ont toutefois une probabilité plus forte d’apparaître entre la fin du printemps et le début de l’automne, période où sont observés les épisodes pluvio-orageux les plus intenses.

Dynamique

Les inondations par ruissellement sont extrêmement rapides. Elles apparaissent quasi-instantanément lors de l’épisode de pluie intense. Une fois l’épisode terminé, le délai d’évacuation de l’eau dépend de la capacité d’infiltration des sols et des réseaux de gestion des eaux pluviales et les moyens disponibles. Plusieurs jours peuvent être nécessaires pour évacuer totalement l’eau si de nombreux sous-sols ont été impactés.

Ampleur des inondations

Ce phénomène peut toucher de très nombreux secteurs, bien au-delà des zones habituellement inondables par débordement de cours d’eau. Néanmoins, les épisodes de pluie très intenses à l’origine des ruissellements sont généralement assez localisés. Ainsi, ils impacteront une commune ou quelques communes, contrairement aux débordements de cours d’eau, qui affecteraient de très nombreuses communes en cas de crue majeure.

Dans les zones pentues, l’eau peut atteindre des vitesses élevées, pouvant engendrer une érosion des sols (voire des coulées de boue) et emporter des objets, voire des personnes, même si la hauteur d’eau est faible.

Dans les zones plates, l’eau peut s’accumuler sur quelques dizaines de centimètres. Dans certaines conditions, la hauteur d’eau peut dépasser un mètre : cuvette, sous-sol, remblai obstruant un axe d’écoulement, …

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Pour aller plus loin

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