Retour sur les crues de février 2026

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Le mois de février 2026 a été marqué par une succession de crues de la Garonne et de plusieurs de ses affluents, à la suite d’un début d’année très arrosé. Les hauteurs maximales de ces crues sont restées modérées dans l’agglomération toulousaine. Elles n’ont pas occasionné de dommages dans les zones habitées. Cependant, la longueur de ces crues a été peu commune. Et on ne connaît pas encore l’incidence sur les parcelles agricoles inondées.

40 jours de pluies, une série inédite

Avec la succession de plusieurs tempêtes et perturbations, il a plu de manière continue sur l’Hexagone du 14 janvier au 22 février 2026, soit 40 jours consécutifs. Cette série de jours pluvieux est la plus longue mesurée en France depuis le début des mesures en 1959.

Février 2026 est le mois de février le plus pluvieux depuis 1959 en moyenne sur le pays, avec plus de 2 fois la normale mensuelle.

Dans le sud-ouest, les tempêtes Nils et Pedro ont arrosé régulièrement le territoire sur presque deux semaines. Dans l’agglomération toulousaine, il est ainsi tombé 205 mm de pluie entre le 1er janvier et le 28 février, soit plus de deux fois le cumul moyen sur cette période (90 mm).

Ces précipitations sont tombées sur des sols déjà saturés et des rivières avec un niveau haut. Cela a engendré des crues longues et successives sur de très nombreux cours d’eau en France. Ainsi, de fortes inondations ont eu lieu sur la façade ouest, en particulier sur la Loire et ses affluents à Angers, sur la Charente aval (Saintes) et sur la Garonne dans le secteur de Marmande.

À consulter : cartes, photographies et images aériennes de l’épisode, assemblées par l’IGN

Des crues modérées mais inhabituellement longues dans l’agglomération toulousaine

Contrairement aux territoires situés plus en aval, les crues sont restées modérées (période de retour* comprise entre 2 et 10 ans selon les secteurs) à Toulouse et dans ses environs. Elles n’ont donc pas engendré de dégâts majeurs dans l’agglomération.

Graphique présentant les hauteurs d'eau mesurées à la station Toulouse Pont-Neuf sur la Garonne. On y voit 3 pics similaires les 11, 15 et 17 février, atteignant environ 3m, loin des 4m30 de janvier 2022 (pointillés), et des 8m32 de juin 1875
Extrait des hauteurs d’eau mesurées à la station Toulouse Pont-Neuf sur la Garonne. 3 pics similaires ont été atteints, à environ 3m, loin des 4m30 de janvier 2022 (pointillés), et des 8m32 de juin 1875.

Quelques débordements ponctuels ont eu lieu en divers endroits du territoire, comme : l’inondation de parcelles agricoles, la submersion des quais et des berges de la prairie des Filtres à Toulouse, l’inondation de quelques routes le long du Touch à Plaisance-du-Touch, ou encore de la base de loisirs des Quinze Sols à Blagnac.

Les quais de la Garonne submergés à Toulouse, le 11 février 2026. Crédits : Service GEMAPI Toulouse Métropole
Les berges de la Prairie des Filtres inondées à Toulouse, le 11 février 2026. Crédits : Service GEMAPI Toulouse Métropole

Ces événements ont tout de même fortement mobilisé les équipes municipales et métropolitaines. Les agents ont sécurisé les abords des cours d’eau et les voies de circulation, géré les organes mobiles des systèmes d’endiguement (portes étanches, vannes, pompes…) puis ont effectué le nettoyage des sédiments déposés par les crues.

La porte étanche de la Garonnette a été fermée préventivement. Crédits : Service GEMAPI Toulouse Métropole

La mobilisation des équipes a été d’autant plus forte que la longueur de cet épisode a été inhabituelle. Entre le 10 et 18 février, 3 à 5 pics de crue ont été enregistrés sur les cours d’eau de l’agglomération, sans que la décrue ne soit totale entre les pics.

*Période de retour : Une période de retour de 10 ans, signifie qu’un événement a chaque année 1 probabilité sur 10 de se produire.

Les pluies abondantes permettront-t-elles de limiter la sécheresse au printemps ?

Selon Météo-France, ces précipitations régulières ont permis aux sols de s’humidifier et de retrouver un état proche des normales mi-janvier. Les nappes phréatiques se sont également remplies.

Ces pluies permettront de retarder l’assèchement des sols au printemps. En revanche, cela n’écarte pas le risque de sécheresse à l’été qui dépendra de la pluviométrie et des températures printanières et estivales.