Risque Inondation

Lorsqu’on parle de risques naturels ou technologiques, le « risque » correspond à la confrontation en un même lieu d’un « aléa » (inondation, feu de forêt, fuite de produits chimiques…) avec des « enjeux » (personnes, habitations, entreprises…).

Ainsi, l’ampleur du risque est directement liée aux choix d’aménagement du territoire.

On parle de risque majeur lorsque l’aléa concerne un grand nombre d’enjeux et menace d’entraîner des dommages importants, ainsi que de fortes perturbations dans le fonctionnement de la société telles que le dépassement des moyens d’intervention des services de secours, des coupures de réseaux (électricité, télécommunications, eau potable…), ou encore le blocage de l’activité économique.

Le schéma ci-dessous illustre le « risque inondation » ou « risque d’inondation » , dans le cas d’un débordement de cours d’eau :

Le risque est la prise en compte de l’aléa (simulation d’inondation) en fonction de l’enjeu (constructions)
Aléa et enjeu : les deux composantes du risque © Mathieu NIVESSE / Office Français de la Biodiversité, 2018
  • Aléa : Crue du cours d’eau avec débordement dans le lit majeur
  • Enjeu : Personnes, biens, activités économiques, etc.
  • Risque : Inondation de gravité variable selon l’aléa (ampleur de la crue) et l’enjeu (vulnérabilité)

Un aléa se caractérise par :

  • Son intensité : pour les inondations, elle dépend de la hauteur d’eau, de la vitesse d’écoulement, de la vitesse de montée de l’eau ou encore de la durée de submersion ;
  • Sa probabilité d’apparition, aussi appelée « période de retour »*.

*Attention au faux-ami : une crue de période de retour 100 ans, aussi appelée « crue centennale » désigne un épisode qui a une chance sur 100 de se produire chaque année, et non une crue qui se produit tous les 100 ans. Ainsi, il peut y avoir deux crues centennales à quelques années d’intervalle !

Un enjeu se caractérise par :

  • Sa vulnérabilité, c’est-à-dire sa fragilité vis-à-vis de l’aléa auquel il est exposé ;
  • Son exposition, c’est-à-dire s’il est situé dans la zone où l’aléa peut intervenir. L’exposition sera plus ou moins forte selon l’intensité de l’aléa.

Remarque : un enjeu non exposé peut toutefois subir des dommages indirects. Par exemple, un quartier hors zone inondable peut se retrouver privé d’eau potable si la station de production qui l’alimente est située en zone inondable.

Un risque se caractérise par :

  • Sa probabilité d’apparition : celle-ci est directement liée à la probabilité d’apparition de l’aléa ;
  • Sa gravité : celle-ci est liée à l’intensité de l’aléa, au nombre d’enjeux exposés, ainsi qu’à leur vulnérabilité.

À noter : Un risque majeur se caractérise par une gravité très élevée et, en règle générale, par une probabilité faible.

Selon la fragilité des personnes, celles-ci peuvent être emportées par les eaux en raison du courant et/ou des hauteurs d’eau :

  • Un enfant en bas-âge ou une personne à mobilité réduite sera plus vulnérable aux inondations qu’un adulte sportif ;
  • La vulnérabilité de l’adulte sportif dépendra de l’intensité de l’aléa (hauteur d’eau et vitesse d’écoulement en particulier).
Les limites de déplacement des individus face à différentes vitesses et hauteurs d'eau
Les limites de déplacement des individus face à différentes vitesses et hauteurs d’eau © DDE du Vaucluse / CEPRI
  • Un enfant sera facilement entrainé par les eaux avec un faible courant et une hauteur d’eau basse. Plus la vitesse sera rapide, moins il sera résistant à l’eau.
  • Un adulte non-sportif sera fortement entrainé dès 75 cm d’eau et un courant de 0,25 m/s. Plus la vitesse sera rapide, moins il sera résistant à l’eau.
  • Un adulte sportif stressé sera moins résistant à l’eau dès 1m d’eau et 0,25 m/s. Plus la vitesse sera rapide, moins il sera résistant à l’eau.

Pour aller plus loin

Pour les inondations par débordement de cours d’eau, la période de retour étudiée est celle de la valeur maximale (« pic ») atteinte par le débit.

Pour les inondations par ruissellement, la période de retour étudiée est celle de la quantité de pluie tombée sur une durée donnée. Un épisode de pluie est donc généralement associé à plusieurs périodes de retour, en fonction de la durée considérée. Par exemple un épisode peut être de période de retour 10 ans sur 15 minutes et 30 ans sur 1 heure.

La période de retour caractérise la probabilité d’apparition d’un épisode : elle permet ainsi de déterminer si l’épisode est exceptionnel ou non.

Elle permet également de dimensionner les ouvrages de gestion hydraulique et de protection : barrages, digues, réseaux d’assainissement et de gestion des eaux pluviales, … Par exemple, les réseaux de gestion des eaux pluviales sont généralement dimensionnés pour des périodes de retour comprises entre 10 et 30 ans. C’est-à-dire que pour un épisode pluvieux plus intense, les réseaux ne peuvent plus évacuer l’eau, qui inonde alors les secteurs concernés.

Avec le changement climatique, la probabilité d’apparition des pluies extrêmes et des inondations est amenée à évoluer. Ainsi, dans le cas où un phénomène devient plus fréquent, les épisodes associés (par exemple) à ce jour à une période de retour 100 ans, auront une période de retour moindre, tandis que les épisodes associés à une période de retour 100 ans à l’avenir seront plus intenses.

La période de retour des crues évolue également en fonction de l’aménagement du territoire ! Par exemple, l’imperméabilisation des sols favorise une augmentation de la fréquence et de l’intensité des crues.

Le schéma suivant illustre les différentes notions que peut recouvrir la vulnérabilité.

Généralement, nous pensons en premier à la vulnérabilité individuelle, c’est-à-dire les dommages directs que pourraient engendrer une inondation. Toutefois, la vulnérabilité de chaque personne et de chaque bien est également dépendante des dysfonctionnements potentiels de l’organisation de la gestion de crise, des réseaux (électriques notamment), etc. Et inversement : la vulnérabilité individuelle de nombreux biens ou nombreuses personnes est source de vulnérabilité collective.

La vulnérabilité de dépendance à différentes échelles

Le Ministère de l’Ecologie a proposé une classification des dommages afin d’utiliser un langage commun pour qualifier les phénomènes naturels dangereux :

ClasseDommages humainsDommages matériels
1Accident1 ou plusieurs blessésEntre 0,3 M€ et 3 M€
2Accident grave1 à 9 mortsEntre 3 M€ et 30 M€
3Accident très grave10 à 99 mortsEntre 30 M€ et 300 M€
4Catastrophe100 à 999 mortsEntre 300 M€ et 3 000 M€
5Catastrophe majeure1 000 morts ou plus3 000 M€ ou plus
Echelle de gravité des dommages proposée par le MEEDDM (d’après www.prim.net)

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